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Perspectives
sectorielles

Chaque année, les comités sectoriels doivent remettre à Emploi-Québec les perspectives de leur secteur, sur un horizon de 5 ans. Ces perspectives sectorielles visent à anticiper l’évolution du marché du travail et les besoins de main-d’œuvre à court et à moyen terme, globalement et selon les secteurs d’activités. Elles sont révisées et diffusées à chaque année.

Perspectives sectorielles pour l’industrie « Foresterie et exploitation forestière et Activités de soutien à la foresterie » 2017-2021

Depuis 2013, la valeur des exportations pour l’ensemble des activités économiques liées au secteur forestier, incluant la transformation du bois, a repris sa croissance. Pour sa part, le PIB a connu une légère hausse depuis 2014, le portant à 2,7 % de l’ensemble de l’économie québécoise en 2015. Le secteur démontre donc actuellement des signes de reprise.

La demande pour les produits traditionnels comme le papier journal et pour les produits de la première transformation du bois a connu de fortes baisses, ce qui a incité au développement de nouvelles filières industrielles et de nouveaux produits à valeur ajoutée. Le développement se poursuit donc, notamment au niveau de la valorisation énergétique de la biomasse forestière, des bioproduits et des produits forestiers non ligneux (petits fruits, champignons, etc.).

Pour l’industrie du bois d’œuvre, le cinquième conflit commercial sur le bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis devrait vraisemblablement être déclenché à la fin avril 2017, alors que l’industrie québécoise se relève à peine de la dernière guerre et commence tout juste à disposer de liquidités positives. La progression graduelle des mises en chantier aux États-Unis avait contribué à une augmentation des exportations de bois québécois. Toutefois, avec l’imposition d’une taxe temporaire pour les allégations de subventionnement de l’industrie canadienne suivie d’une seconde taxe temporaire en juin 2017 pour les allégations de dumping, les scieries du Québec auront de la difficulté à tirer leur épingle du jeu. Si, en plus, les échanges entre le Canada et les États-Unis parviennent à l’imposition d’un quota d’exportations de bois d’œuvre canadien vers les États-Unis, les conséquences pour les scieries québécoises seront sérieuses. Comme ce sont les scieries de l’est du Canada qui ont les coûts de production les plus élevés, c’est dans l’Est qu’il risque d’y avoir le plus grand nombre de fermetures. Comme le marché des travaux commerciaux (récolte) est principalement influencé par la demande en produits du bois, la situation risque d’être difficile à court et à moyen termes. Le CSMOAF prévoit donc une stabilité ou une légère baisse de l’emploi pour ce sous-secteur.

Le marché des travaux non commerciaux, c’est-à-dire ceux visant la remise en production ou l'éducation de jeunes peuplements, est principalement influencé par les budgets alloués aux travaux sylvicoles, qui eux dépendent des intentions gouvernementales en regard à l’intensification de l’aménagement forestier. En effet, les budgets alloués aux travaux sylvicoles sont votés en même temps que tous les autres postes de dépense du gouvernement. Ils sont donc directement reliés aux priorités gouvernementales. Au cours des prochaines années, on prévoit à l’échelle provinciale une stabilité des travaux sylvicoles non commerciaux. Considérant les caractéristiques actuelles des forêts résineuses du domaine de l'État, les éclaircies précommerciales devraient diminuer au profit des premières éclaircies commerciales. Le dégagement de plantation devrait augmenter pour répondre à la préoccupation du Forestier en chef au niveau de l’état des plantations au Québec. Le CSMOAF prévoit donc une stabilité de l’emploi pour ce sous-secteur.

Dans les prochaines années, le Québec n’aura d’autres choix que d’investir en sylviculture pour améliorer ses rendements forestiers, car c’est l’ampleur de cet investissement qui déterminera la situation de l’emploi dans le secteur. Pour l’expansion totale du marché du travail pour le secteur de l’aménagement forestier de 2017 à 2021, le CSMOAF prévoit une stagnation de l’emploi pour cet horizon.

Enfin, la quantité de main-d’œuvre nécessaire pour répondre au besoin sera toutefois plus grande si on tient compte de la main-d’œuvre de remplacement. En effet, les besoins accrus en mobilité et en polyvalence de la main-d’œuvre, le vieillissement et la compétition intersectorielle auront certainement raison d’un certain nombre de travailleurs forestiers qui devront être remplacés. Dorénavant, les entreprises forestières devront innover davantage pour retenir leur personnel qualifié et attirer de la nouvelle main-d’œuvre. Dans un contexte de grande rareté de main-d’œuvre, l’investissement des entreprises dans le capital humain sera primordial.