Notre secteur
Liens rapides
Devenir membre
imprimer

Perspectives
sectorielles

Chaque année, les comités sectoriels doivent remettre à Emploi-Québec les perspectives de leur secteur, sur un horizon de 5 ans. Ces perspectives sectorielles visent à anticiper l’évolution du marché du travail et les besoins de main-d’œuvre à court et à moyen terme, globalement et selon les secteurs d’activités. Elles sont révisées et diffusées à chaque année.

Perspectives sectorielles pour l’industrie « Foresterie et exploitation forestière et Activités de soutien à la foresterie » 2016-2020

L’industrie forestière se retrouve encore dans une période d’adaptation au régime forestier entré en vigueur le 1er avril 2013.

Un des grands défis auquel devra faire face le secteur forestier ces prochaines années sera de réduire les coûts d’opérations qui ont subi des hausses importantes par la mise en place du nouveau régime forestier. La compétitivité de l’industrie forestière sera donc un enjeu majeur dans ce prochain cycle économique. Pour les marchés, les conditions semblent être réunies pour une reprise du secteur. Bien que la situation demeure difficile pour la pâte et le papier journal, la demande pour les produits de base (tissu-éponge, papier hygiénique, etc.) est en augmentation. L’industrie s’oriente de plus en plus vers une diversification des marchés et la commercialisation de produits innovateurs de haute valeur. Pour le bois d’œuvre, l’industrie montre des signes certains de croissance. Les prévisionnistes voient des augmentations des mises en chantier aux États-Unis et avec elles, une augmentation de la consommation de bois d’œuvre de sorte que, d’ici quelques années, tout le bois disponible au Québec devrait trouver preneur. De plus, la diminution de la possibilité annuelle de coupe en Colombie-Britannique fait en sorte que le bois du Québec sera de plus en plus convoité. Enfin, la baisse de la devise canadienne et l’éventuelle entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne et du Partenariat transpacifique (PTP) pourraient favoriser encore plus les exportations. Une incertitude plane cependant sur nos éventuelles exportations aux États-Unis, l’entente sur le bois d’œuvre résineux ayant pris fin. Le Canada dispose d’une période d’un an, jusqu’au 12 octobre 2016, pour trouver un terrain d’entente avec son voisin.

Au chapitre des emplois en forêt, il convient de séparer les travaux commerciaux des travaux non commerciaux, puisque les facteurs qui influenceront l’expansion du marché du travail sont différents. Le marché des travaux commerciaux, c’est-à-dire ceux étant susceptibles de générer immédiatement des produits commercialisables, comme les travaux de récolte, est principalement influencé par la demande en produits du bois, la capacité de produire de l’industrie et la possibilité forestière[1]. Le contexte actuel en est un de reprise significative des marchés et de hausse du prix des produits du bois ouvré. Actuellement, plusieurs usines du Québec produisent en deçà de leur capacité. Les baisses de possibilité forestière des dernières décennies ne permettent plus aux scieries de fonctionner à plein rendement. Les volumes non récoltés pendant la période 2008-2013 pourraient compenser une partie de ce manque d’approvisionnement et ainsi permettre à l’industrie de profiter de la relance des marchés et d’investir dans les usines.  De plus, tout comme la forêt publique, le potentiel de la forêt privée a nettement été sous-utilisé pendant la crise forestière. La forêt privée sera certainement un élément clé dans l’approvisionnement futur des usines du Québec.

Le marché des travaux non commerciaux, c’est-à-dire ceux visant la remise en production ou l'éducation de jeunes peuplements, est principalement influencé par les budgets alloués aux travaux sylvicoles, qui eux dépendent des intentions gouvernementales en regard à l’intensification de l’aménagement forestier. En effet, les budgets alloués aux travaux sylvicoles sont votés en même temps que tous les autres postes de dépense du gouvernement. Ils sont donc directement reliés aux priorités gouvernementales. Au cours des prochaines années, considérant les caractéristiques actuelles des forêts résineuses du domaine de l'État, on prévoit à l’échelle provinciale une diminution des travaux sylvicoles non commerciaux et une augmentation des premières éclaircies commerciales. Cette situation demandera une certaine restructuration de l’industrie sylvicole actuelle, la réalisation d’éclaircies commerciales faisant appel à des compétences et des équipements différents.

Bref, les marchés du bois se raffermissent et le Québec subit une baisse constante de sa superficie forestière productive sous l'effet de contraintes qui s'additionnent (augmentation des aires protégées, protection du caribou forestier, etc.). Le Québec n’aura d’autres choix que d’investir en sylviculture pour améliorer ses rendements forestiers, car c’est l’ampleur de cet investissement qui déterminera la croissance de l’emploi dans le secteur. Pour l’expansion totale du marché du travail pour le secteur de l’aménagement forestier de 2016 à 2020, le CSMOAF prévoit une croissance de l’emploi d’environ 1 % par année pour cet horizon.

Enfin, la quantité de main-d’œuvre nécessaire pour répondre au besoin sera toutefois plus grande que la croissance de l’emploi, si l’on tient compte de la main-d’œuvre de remplacement. En effet, les besoins accrus en mobilité et en polyvalence de la main-d’œuvre, le vieillissement et la compétition intersectorielle auront certainement raison d’un certain nombre de travailleurs forestiers qui devront être remplacés. Dorénavant, les entreprises forestières devront innover davantage pour retenir leur personnel qualifié et attirer de la nouvelle main-d’œuvre. Dans un contexte de grande rareté de main-d’œuvre, l’investissement des entreprises dans le capital humain sera primordial.

 

[1] La possibilité forestière représente le volume annuel de bois maximum que l'on peut prélever à perpétuité sur un territoire sans en diminuer ses capacités de production. C’est elle qui détermine la quantité maximale de bois pouvant être récolté et elle fait force de loi.