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Perspectives
sectorielles

Chaque année, les comités sectoriels doivent remettre à Emploi-Québec les perspectives de leur secteur, sur un horizon de 5 ans. Ces perspectives sectorielles visent à anticiper l’évolution du marché du travail et les besoins de main-d’œuvre à court et à moyen terme, globalement et selon les secteurs d’activités. Elles sont révisées et diffusées à chaque année.

Perspectives sectorielles pour l’industrie « Foresterie et exploitation forestière et Activités de soutien à la foresterie » 2019-2023

Depuis 2013, la valeur des exportations pour l’ensemble des activités économiques liées au secteur forestier, incluant la transformation du bois, a repris sa croissance. Le PIB de cette industrie a pour sa part connu une légère hausse depuis 2014, le portant à 2,7 % de l’ensemble de l’économie québécoise en 2017.

La forte baisse de demande des produits traditionnels comme le papier journal et les produits de la première transformation du bois a incité les entreprises, dans les dernières années, à investir dans le développement de nouvelles filières industrielles et de nouveaux produits à valeur ajoutée. Ce développement se poursuit, notamment au niveau de la valorisation énergétique de la biomasse forestière, des bioproduits et des produits forestiers non ligneux (champignons, plantes forestières, etc.). Dans le contexte d’urgence d’agir face aux changements climatiques et de la volonté gouvernementale de réduire les émissions de GES par l’imposition d’une taxe carbone et d’interdire la consommation de charbon d’ici 2030, l’utilisation de la biomasse forestière revêt un potentiel de croissance.

Avec le déclenchement du 5e conflit commercial sur le bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis en 2017, l’industrie québécoise du bois d’œuvre traverse une autre période d’incertitude, alors qu’elle se relevait à peine du dernier conflit. Cependant, malgré l’instauration de droits antidumping et compensateurs sur les exportations canadiennes par les États-Unis, les entreprises n’ont, jusqu’à maintenant, pas ressenti les impacts négatifs de l’ampleur qui était anticipée, notamment en raison de l’explosion du prix du bois d’œuvre sur le marché dans la première moitié de l’année 2018. Toutefois, à l’automne 2018, une chute brutale des prix a succédé à cette flambée et depuis, on assiste à une augmentation progressive qui devrait se poursuivre pour atteindre un niveau viable pour l’industrie. Selon les spécialistes, cette volatilité des prix devrait encore être présente l’an prochain en fonction de l’évolution de l’économie américaine et des événements climatiques (feux de forêt, infestations, problèmes de transport, etc.), mais de façon moins spectaculaire. De plus, on prévoit dès 2019 une diminution pour la demande en bois d’œuvre pour la construction résidentielle, mais une légère hausse pour le marché de la rénovation pourrait permettre d’en atténuer les effets. Finalement, les droits actuellement imposés pourraient se voir modifier à nouveau par le département américain du Commerce lors de l’examen annuel des droits tarifaires, ce qui amène une incertitude supplémentaire. Comme le marché des travaux commerciaux (récolte) est principalement influencé par la demande en produits du bois, la situation risque d’être difficile à court et à moyen terme.

Le marché des travaux sylvicoles non commerciaux (TSNC), visant la remise en production ou l'éducation de jeunes peuplements, est principalement influencé par les budgets alloués aux TSNC, qui dépendent des intentions gouvernementales en regard à l’intensification de l’aménagement forestier. En raison du vieillissement des forêts résineuses du domaine de l'État, les travaux d’éclaircies précommerciales ont diminué au profit des premières éclaircies commerciales. Au cours des prochaines années, on prévoit globalement une stabilité des TSNC.

L’augmentation des prix du bois d’œuvre de l’été 2018 a mis en lumière la disponibilité de la ressource forestière comme un frein au développement de l’industrie. Or, le Forestier en chef est d’avis qu’une augmentation du rendement de la forêt publique québécoise permettrait de hausser la possibilité forestière, qui a subi une diminution de 22 % entre 2000 et 2018. De plus, la sylviculture de plantation pourrait se traduire par une augmentation de la production de plants forestiers. Finalement, la mobilisation des bois provenant des forêts privées, représentant le 1/3 de la possibilité forestière du Québec, pourrait générer davantage de richesses et d’emplois liés à la sylviculture et à la récolte. Bref, pour améliorer ses rendements forestiers, le Québec n’aura d’autres choix que d’investir en sylviculture, ce qui déterminera la situation de l’emploi dans le secteur.

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, le CSMOAF prévoit une situation d’équilibre de l’emploi en aménagement forestier de 2019 à 2023. Il pourrait même y avoir une légère baisse pour le sous-secteur de la récolte. Le sous-secteur de la production de plants forestiers, qui a récemment fait l’objet d’investissements gouvernementaux et qui doit également répondre aux besoins engendrés par l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette, est quant à lui en croissance. Il demeure que la rareté de la main-d’œuvre représente également un obstacle majeur à l’expansion des investissements des entreprises du secteur. Les entreprises peinent à pourvoir les postes existants au sein de leur organisation, occasionnant même, dans certains cas, des fermetures temporaires.